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Culture & Art Ecrans noirs Vous devriez vraiment regarder When They See Us. Mais...

Vous devriez vraiment regarder When They See Us. Mais si c’est trop dur, Ok.

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Vous avez certainement entendu beaucoup de personnes parler de la fascinante mini-série Netflix d’Ava DuVernay, When The See Us, disponible en streaming depuis le 31 mai. Netflix a d’ailleurs annoncé que la série était la plus regardée chaque jour depuis son lancement.

La série explore l’histoire vraie et poignante de cinq adolescents noirs et hispaniques, arrêtés en 1989 pour le viol et l’assassinat de Trisha Meili, une femme blanche surnommée dans la presse à l’époque “la joggeuse de Central Park”. L’histoire s’est emparée de toute la ville de New York et a forcé la société à examiner de près les effets dangereux du racisme et des préjugés inconscients dans le système de justice pénale et le journalisme.

Vous en entendrez également beaucoup parler parce que c’est tout simplement incroyable. When They See Us fait un travail magistral en décrivant des garçons (j’ai vu beaucoup d’articles qui parlaient de « jeunes hommes », alors qu’ils étaient en réalité des garçons) dont la vie a été bouleversée à la suite de négligence et de discrimination. DuVernay met au défi les téléspectateurs de voir cinq adolescents noirs et latinos – Yusef Salaam, Antron McCray, Kevin Richardson, Korey Wise et Raymond Santana – comme la plupart des gens ne le font pas aujourd’hui et ne l’ont certainement pas fait à l’époque : innocents.

J’avais très peur de regarder la mini-série en premier lieu. J’évite absolument de m’exposer à des images de personnes noires brutalisées. Je refuse de me désensibiliser à la douleur noire. Je savais qu’il serait difficile pour moi de regarder When They See Us, mais je n’étais pas prête pour que ce soit aussi difficile que cela ne l’a été en réalité.

Dans le premier épisode, DuVernay nous présente les cinq garçons dans la vie quotidienne : conversation sportive joviale d’Antron avec son père, objectif de Kevin d’obtenir la première place dans sa section saxophone, Korey traîne avec sa petite amie, et plus. Au fil du temps, on voit les jeunes courir et se rendre, avec tout un groupe, dans un parc pour assister à une bagarre. A partir de là, ça dégénère.

La suite, celles et ceux qui connaissaient déjà l’histoire avant la mini-série, savent. Les garçons, dont quelques-uns avaient à l’origine juste été arrêtés pour troubles dans le parc, ont ensuite été interrogés, forcés à avouer le viol et inculpés pour tentative de meurtre, viol et pour voie de fait. Malgré le manque de preuves ADN, d’une arme physique et de témoignages, ils ont été condamnés et ont purgé entre six et treize ans d’emprisonnement. En 2002, Matias Reyes, le véritable agresseur de Meili, a avoué avoir agi seul. Son ADN correspondait aux preuves matérielles et la Cour Suprême a annulé les peines prononcées contre les “Central Park Five” sur recommandation du procureur. Les cinq garçons – maintenant des hommes – ont poursuivi la ville en justice et ont conclu un règlement de 41 millions de dollars en 2014.

J’ai dû marquer des pauses à plusieurs reprises pour reprendre ma respiration et me persuader de continuer lorsque j’ai commencé When They See Us. Je me suis mise en colère lorsque des détectives ont interrogé Kevin en l’absence d’un parent, alors qu’il était mineur. J’ai pleuré lorsque le père d’Antron a dit à son fils de manière terrifiante de dire « à la police ce qu’elle veut entendre », après s’être fait intimider. Mais, ce qui m’a vraiment brisée, c’est de voir Korey (joué par Jharrel Jherome de Moonlight) battu physiquement, puis filmé en train de confesser un crime qu’il n’a pas commis. J’ai dû éteindre à ce moment.

Je ne pouvais plus supporter de regarder des garçons noirs se faire terroriser sans penser à ces pères noirs qui se font intimider par la structure de pouvoir blanche, ces mères noires qui luttent pour protéger leurs bébés et les familles noires qui sont déchirées, y compris en France, où nous ne sommes pas forcément mieux lotis concernant les violences policières. Je suis bien consciente de cette réalité, et When They See Us est un rappel douloureux mais brillant.

DuVernay fait précisément ce qu’elle a voulu faire. Elle nous fait voir ces garçons – en tant qu’individus, pas les «Central Park Five» – et nous oblige finalement à regarder comment leur monde entier a été démantelé par l’incarcération. “Lorsque vous incarcérez une personne, vous incarcérez sa famille, son avenir, sa communauté”, a déclaré DuVernay. «Dans les nombreux cas où nous incarcérons des personnes, nous incarcérons une génération de personnes (…). C’est une chose sur laquelle nous devons nous pencher, sachant ce qu’il en est – ne pas simplement regarder et dire« C’est dommage.»

DuVernay a voulu honorer ces hommes et la perte de cette jeunesse qu’ils pleurent tous jusqu’à ce jour. Ce sont des années volées de leur vie qu’ils ne retrouveront jamais, et l’attention des médias et les fausses convictions feront toujours partie de leurs histoires.

Je ne doute pas que je finirai When They See Us et je vous encourage à la regarder au moment opportun. Je comprends également toute personne noire qui a besoin de prendre son temps, ou ne peut pas du tout regarder parce que les humains brutalisés à l’écran lui ressemblent à elle ou à sa famille. Exister simplement en tant que Noir est difficile et il est normal de décider de se protéger, surtout quand le monde ne le fera pas.

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