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On en parle ou pas de « l’hyper-sexualisation » des mecs noirs ?

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Le week-end dernier, je me suis fendu la poire devant les montages tous aussi farfelus et suggestifs les uns que les autres de Macron Ier en compagnie « d’anciens braqueurs » (qu’ils disent) saint-martinois… Torses nus, les caleçons apparents !

Et puis, j’ai eu la mauvaise idée d’aller faire un tour dans les commentaires de quelques pages de médias populaires… Il m’a alors été donné de lire un tas de choses les plus obscènes sur les hommes noirs, souvent dans un langage chargé en fétichisation.

Le fétichisme racial consiste à stéréotyper racialement ou ethniquement une personne (ou une culture) appartenant à une « race » ou à un groupe ethnique différent du sien en « objectifiant » son corps ou des caractéristiques qui lui sont liées de manière stéréotypée. Toutes ces idées préconçues sont problématiques et peuvent même ne pas être vraies.

Ce serait mentir que de dire que j’ai été surpris : ce n’est pas du tout rare ou même farfelu, mais plutôt une réalité pénible. Depuis la nuit des temps, les hommes noirs sont sujets à tout un tas de stéréotypes et fantasmes quant à leurs prouesses sexuelles et leur soi-disant sexe digne du Guinness des records. Nous sommes réputés forts, dominants, machos, virils, bien dotés, etc. Et plus généralement, les désirs sexuels des hommes et des femmes noirs ont souvent été perçus et décrits comme « dépravés » ou « bestiaux », œuvrant ainsi pour notre déshumanisation.

Mais le plus ridicule est que cette fétichisation est devenue une réalité globalement acceptée par les hommes noirs. Car oui, les mecs noirs sont souvent complices de leur sexualisation excessive et de leur fétichisation qui se fait généralement au détriment des femmes noires plus que d’eux-mêmes. Ça doit être pour cela qu’ils étouffent systématiquement les conversations avec ces dernières, supposant automatiquement que les femmes noires doivent être jalouses ou envieuses des femmes blanches au lieu de s’attaquer à un problème profondément enraciné dans les attitudes coloniales et racistes.

Ce mythe selon lequel les hommes noirs seraient « bons » au lit se présente comme une «récompense» tordue et faussement valorisante pour contraster avec les stéréotypes et l’image négative que nous accole la société. C’est une conviction qui nous prive, nous les mecs noirs, du droit et de l’espace pour construire notre propre perception et notre identité en tant qu’individus sexuels car on nous en a déjà attribué une. Nous avons intériorisé cette notion ridicule selon laquelle la sexualité de l’homme noir idéal doit tomber dans cette catégorie suffocante d’une copie carbone du « Mandingo », toujours sexuellement agressif et là pour offrir un service sexuel, mais ne jamais faire l’expérience du sexe en tant que personne.

Le véritable danger pour nous, mecs noirs, de penser que notre bite est la chose la plus puissante que nous possédons vis-à-vis des non-noir·e·s, c’est de nous cantonner à cela. L’objectification sexuelle des mecs noirs de le part des non-noir·e·s n’est pas un compliment. Ce n’est qu’une autre façon d’être réduit à rien de plus qu’un godemichet noir sur pattes qui peut être utilisé puis jeté comme quelque chose que l’on coche ensuite sur la liste des choses qu’on a essayées. Ces hommes noirs qui aiment être traités comme un morceau de viande doivent cesser de se réduire aux stéréotypes raciaux avec la conviction que cela leur donne du pouvoir, parce que ce n’est pas le cas.

Lorsqu’une personne dit qu’elle veut « essayer un mec noir », elle dévalue le sexe et le rabaisse à une expérience d’exploitation centrée sur elle-même au lieu d’un lien profond avec un autre être humain. Elle n’est pas attirée par la beauté de la personne ou par qui elle est ; elle est uniquement attirée par les caractéristiques qui lui sont associées.

La triste vérité est que notre objectification sexuelle est devenue une autre forme de racisme plus digeste.

Wilfried E.K
Wilfried E.K
Fondateur de WYAT Magazine et rédac' chef improvisé! Et sinon, je suis consultant en Marketing affinitaire et en communication digitale. Je suis spécialisé dans les cultures afros.

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