Très honnêtement, je suis fatiguée des films sur l’esclavage. Je suis lasse de voir les corps Noirs déshumanisés et que la souffrance soit la première lentille au travers de laquelle l’identité Noire est systématiquement abordée sur Grand Ecran. J’en ai assez des films sur l’esclavage qui refusent de reconnaître la vie intérieure des femmes noires, alors même que leurs êtres deviennent des outils pour les cinéastes qui veulent explorer les horreurs de l’esclavage.

Antebellum, Le premier long métrage du duo scénariste-réalisateur Gerard Bush et Christopher Renz vient de sortir et comme je m’y attendais, derrière le noble objectif d’engager la conversation autour d’un sujet grave, le film réaffirme finalement l’horreur même qu’il entend critiquer. Un monde de coton cueilli et de cruauté, de rituel sudiste primitif et de brutalité sans entrave. 

Dès la scène d’ouverture, nous sommes plongés dans univers douloureusement familier: des plantations, illustrant le travail acharnés des Noirs surveillés par des soldats blancs confédérés. C’est dans cette plantation qu’Eden (Janelle Monáe) sera violemment maltraitée et dont elle essaiera continuellement de s’échapper. Mais avant même d’en apprendre plus sur sa réalité, avant même que nous ne sachions son nom, nous assistons à une violence profonde contre elle, d’abord dans une scène déchirante. Ce n’est qu’après quarante minutes de torture insoutenable que le film prend un autre trajectoire. Janelle Monáe est réintroduite sous le nom de Veronica Henley, une célèbre écrivaine et militante d’une richesse considérable, avec un mari et une jeune fille adorables. Ici, nous obtenons plus de détails aussi bien sur sa somptueuse villa que sur les personnes réels qui y vivent avec elle.

Finalement, Antebellum, n’est qu’une n-ième approche nocive de la violence historique vis-à-vis des Noirs au service d’un récit qui ne fait en rien avancer le Schmilblick. C’est une plaidoirie sur le fait que les représentations de la souffrance sont le meilleur moyen de comprendre ce que signifie être Noir en Amérique .

Alors oui. Je suis fatiguée de voir les Noirs traverser certaines des pires souffrances de l’histoire humaine pour le divertissement. Les films sur l’esclavage ou, plus largement, d’autres types de violence contre les Noirs sont les seuls types de films régulièrement jugés «importants» et «bons» par le gotha d’Hollywood. Sur les sept films réellement produits par des Noirs qui ont été nominés pour le meilleur film aux Oscars, trois portent sur l’esclavage ou la violence adjacente à l’esclavage contre les Noirs ( The Colour Purple , Django Unchained et 12 Years A Slave ). Le quatrième est Selma et le cinquième est Precious , deux films qui mettent l’accent sur les femmes noires battues émotionnellement et physiquement de presque toutes les manières possibles.

Plus généralement, je suis fatiguée d’avoir à regarder des acteurs noirs dans la douleur physique et endurer des abus mentaux pendant deux heures pour être digne d’une distinction. Je ne veux plus voir un corps noir se faire fouetter pour que les Blancs puissent enfin d’obtenir une récompense. Je suis écœurée que les acteurs noirs aient non seulement à vivre le traumatisme de jouer dans ces films, mais aussi avoir peu d’autres options devant eux.

Il est courant de faire l’éloge des films sur l’esclavage pour avoir montré les horreurs de l’institution au grand public – sous-entendu, après qu’ils aient regardé ces films, les personnes non-noires comprendront mieux l’expérience de l’esclavage et manifesteront de l’empathie. Mais, il est peut-être temps de reconnaître qu’outre le fait d’aider les gens à se sentir mieux dans leur peau parce qu’ils ont versé une larme devant un film sur le racisme, les films sur l’esclavage jusqu’à présent ne contribuent pas vraiment à une société plus compréhensive.

Il est temps pour nous d’écrire de nouveaux récits et d’élargir la portée de notre humanité. L’heure est venue de représenter la plénitude de notre expérience, comme nous le méritons; de mettre le public au défi de voir les Noirs comme autre chose que d’anciens esclaves, des amis noirs ou des domestiques. Le public apprendra à s’identifier à la douleur noire qui ne provient pas des chaînes et des fouets.

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