Voici plus de quatre décennies que Roots a été diffusé à la télévision nationale américaine et a changé la donne en ce qui concerne la représentation de l’Histoire des Noirs et de la traite négrière à l’écran. A l’occasion de l’anniversaire de la Première de la série, le site Shadow And Act revient sur l’impact de celle-ci.

Au cours de la dernière décennie, les spectateurs ont eu droit à une large offre de films dépeignant la brutalité de l’esclavage. Si certains de ces films ont été bien accueillis par le public et la critique, comme 12 Years A Slave en 2013, des films comme Harriet, sorti l’an dernier ont reçu des critiques mitigées. Cependant, Roots reste une représentation de l’esclavage qui a été généralement bien accueillie et qui a su résister à l’épreuve du temps : La saga d’une famille américaine.

Adapté du roman du même nom d’Alex Haley de 1976, Roots retrace une version fictive du côté maternel de la famille de Haley, depuis la capture de son arrière-arrière-arrière-grand-père Kunta Kinte en Gambie jusqu’à sa vie d’esclave en Amérique, en passant par la vie de ses descendants qui ont été réduits en esclavage et ceux qui ont été libérés à la fin de la guerre civile. Diffusée sur ABC pendant huit nuits consécutives en janvier 1977, Roots était une mini-série révolutionnaire. Non seulement elle dépeignait les brutalités de l’esclavage, mais elle racontait aussi l’histoire de la lignée d’une famille aux États-Unis. La diffusion de la mini-série a également encouragé de nombreuses personnes de toutes les races à dialoguer ouvertement sur l’esclavage. Avant Roots, la seule représentation dramatique de l’esclavage à la télévision avait été The Autobiography of Miss Jane Pittman, avec Cicely Tyson.

Lorsque le premier épisode de Roots a été diffusé, la façon dont les Afro-Américains considéraient l’histoire de l’esclavage a changé. Les preuves historiques incluses dans la série, prouvant que l’histoire était basée sur des événements réels sur plusieurs générations, n’étaient rien de moins que révolutionnaires. Mettant en vedette un casting d’acteurs noirs, dont Louis Gossett Jr, Cicely Tyson, Madge Sinclair et John Amos, et lançant la carrière d’un jeune LeVar Burton, la mini-série a immédiatement connu un succès, attirant environ 130 millions de téléspectateurs au cours des huit épisodes.

Non seulement Roots a révolutionné le type d’histoires que l’on voyait à la télévision, mais ça a également donné à de nombreux acteurs noirs l’occasion de travailler. À l’époque, Roots avait le plus grand casting noir de l’histoire de la télévision commerciale. Alors qu’une telle statistique aurait dû changer la façon dont Hollywood voyait les talents noirs, leurs histoires et le taux d’embauche des acteurs pour les projets, Roots n’a pas oeuvré pour plus de diversité à Hollywood parce c’était considéré par Hollywood comme une « histoire unique » qui pouvait aussi attirer les téléspectateurs blancs. De nombreux acteurs comme la légendaire Leslie Uggams, qui jouait Kizzy dans la mini-série, n’ont reçu des appels pour travailler que des années plus tard. Alors que Roots était un nouveau chapitre dans la conversation concernant l’histoire des races aux Etats-Unis, il faudra des années avant que cette conversation n’ait lieu à Hollywood.

En 2016, la chaîne History a diffusé un remake du même nom qui a été diffusé pendant quatre nuits et pour lequel Burton a été crédité comme l’un des producteurs. Bien que le remake ait été bien accueilli, de nombreux téléspectateurs fans de la mini-série originale ont noté des différences dans la narration de l’histoire. De nombreux faits sur le traumatisme de l’esclavage n’étaient pas connus lors de la réalisation de la mini-série de 1977, par rapport à la richesse plus large des connaissances disponibles en 2016. Grâce à la conversation que Roots a contribué à lancer, les scènes décrivaient plus précisément ce qui est réellement arrivé aux humains réduits en esclavage.

Autre indicateur quant à son impact, Roots a également donné naissance à trois Spinoff différents : Roots: The Gift, Roots: The Next Generation, which picks up right where Roots left off, and Queen: The Story of An American Family, qui met en scène Halle Berry dans le rôle de la grand-mère paternelle d’Alex Haley. Le fait que le remake de 2016 de la série ait été salué par la critique montre que les histoires d’ancêtres noirs américains et africains survivant et se rebellant face l’esclavage suscitent toujours un grand intérêt et une grande appréciation.

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