“C’est génial de sortir avec un mec blanc parce qu’eux, ils vont en bas (cunnilingus) alors que les frères ne le font pas.”

“Quand tu sors avec une meuf blanche, elle fait tous les trucs sales que tu veux qu’elle fasse. Une fois, j’ai demandé à une une fille noire si je pouvais lui jouir sur le visage et je me suis fait traiter de tous les noms ”

“Alors laisse-moi te poser une question franche: es-tu sexuellement timide ou conservatrice? Je suis très attiré par les femmes noires mais je trouve qu’elles sont terriblement ennuyeuses au lit.”

“Si tu tires les cheveux d’une fille noire sans demander, tu pourrais avoir une surprise.”

“ Comment fais-tu pour avoir des relations sexuelles avec une perruque fixée à la colle? Tu dors au lit avec le gars toute la nuit avec ta perruque?”

“C’est totalement tue-l’amour de coucher avec un bonnet en satin?”

“Le sexe anal? Avec une femme noire? HAHAHAHA!”


J’étais dans un club de comédie avec mon ex-mari une soir. Le « pitch » du comédien consistait à dire qu’il était un mec blanc qui se comportait comme un noir à force de traîner avec beaucoup de personnes noires. Une de ses blagues d’ouverture consistait à proposer des faveurs sexuelles à toutes les femmes du public, majoritairement noires. Et sa punchline était un truc du genre « vous devriez essayer, je vous ‘brouterai le minou’ parce que je suis blanc ». Tout le monde était hilare.

Je crois que cet humoriste blanc a effectivement passé du temps avec beaucoup de Noirs parce qu’il savait que la blague serait drôle. Et comme la plupart des spectacles, c’était drôle à cause de la part de vérité dans sa déclaration.

Il y a eu une vague récente d’articles sur le sexe anal, de beaucoup de certains de mes auteurs préférés. Tout ce que je sais, c’est que j’ai plus lu et plus pensé au sexe anal au cours des dernières semaines que je n’en ai eu toute ma vie.

Et en lisant un débat entre auteurs sur le langage utilisé lors des discussions sur le sexe anal, j’ai réalisé que j’avais cette conviction selon laquelle le sexe anal était un «truc de blancs». Je tiens ces croyances des personnes noires de mon entourage, mais également de mes conversations avec des femmes blanches que je connais. J’ai évolué dans des milieux où j’étais souvent la seule enfant noire dans la pièce. En fait, il fut un temps où j’étais même plus à l’aise avec les blancs qu’avec les noirs. Cela montre à quel point l’environnement et la socialisation façonnent qui nous sommes. Toute ma vie, on m’a accusée de parler et me comporter comme une blanche. Ce qui m’a emmenée à me demander à plusieurs reprises: Est-ce que mes relations sexuelles sont celles d’une fille blanche?

Question plutôt absurde, n’est-ce pas? J’ai entrepris quelques recherches sur le sujet et, les statistiques ethniques étant proscrites en France, comme d’habitude, les résultats que j’ai obtenus se basaient sur les Etats-Unis. Ainsi, dans un article, il est dit que les femmes noires américaines sont moins susceptibles que les femmes blanches ou hispaniques de se livrer à des actes sexuels autres que les rapports vaginaux. L’article prétend également que les femmes blanches sont environ 30% plus susceptibles de recevoir et de donner des relations sexuelles orales par rapport aux afro-américaines, avec les hispaniques à mi-chemin entre les deux.

Le même article affirme que le sexe anal serait plus fréquent chez les femmes hispaniques hétérosexuelles. Les auteurs discutent ensuite des différences entre la dynamique du pouvoir sexuel et la communication dans les relations hétérosexuelles. Ils suggèrent que les Hispaniques sont plus susceptibles de renforcer les rôles de genre traditionnels et la domination masculine. Parce que les choix et les capacités des femmes à promouvoir les discussions et les changements dans une relation sont considérés comme limités, cela pourrait expliquer la fréquence plus élevée des relations sexuelles anales.

Je suis bien consciente qu’il est difficile d’interpréter ces résultats au niveau de la France mais, ils permettent pourtant d’amorcer la conversation sur le sujet. Et puis, je ne suis pas certaine que dans le faits, cela soit si différent que ça chez nous, à ceci près qu’en France, il faudrait davantage s’intéresser aux femmes maghrébines, les populations hispaniques n’étant pas conséquentes en France.

Mais qu’en est-il des couples mixtes?

J’ai eu beau chercher des informations de sources sérieuses sur les effets des origines ethniques sur les rapports sexuels dans les couples mixtes, en vain. Aussi étrange que cela puisse paraître, c’est une question qui m’intrigue énormément. Par exemple, j’ai rencontré un homme blanc sur une application de rencontre une fois qui décrivait les relations sexuelles avec les femmes noires comme « vanilles », c’est-à-dire comme une glace à la vanille, fade, triste. Cela concordait avec certains stéréotypes des femmes noires au lit.

C’est assez ironique lorsqu’on sait combien les femmes noires sont hypersexualisées au quotidien. Cependant, le manque de libre arbitre des femmes noires au cours de l’histoire en a fait des victimes fréquentes de viols et d’abus de la part d’hommes blancs. En imaginant que les femmes noires sont toujours excitées et recherchent le sexe, il est plus facile d’ignorer ou de minimiser la culpabilité des abus sexuels racistes.

Je ne peux m’empêcher de me demander si les hommes avec qui je suis sortie et avec qui je sors se demandent si ce sera «différent» avec une femme noire? Le plus grand sujet de gêne que j’ai rencontré reste encore autour des cheveux. Des fois, j’ai l’impression qu’ils ont tellement l’habitude de glisser leurs doigts dans les cheveux lisses de leur partenaire qu’ils paraissent d’abord gênés de toucher mes cheveux naturels au début. A mon avis, ils se demandent simplement si c’est « correct ». Ce qui paraît pourtant évident puisque nous sommes intimes.

Un de mes ex blancs m’a dit une fois qu’une femme avec qui il était sorti lui avait raconté son expérience avec un homme noir. Elle lui avait alors dit:

«Je pensais que ça allait être génial à cause de ce qu’il se dit sur les hommes noirs. Mais c’était à peu près la même chose. Honnêtement, j’ai été déçue. »

Il m’a demandé si je pensais qu’il y avait une différence et je lui ai répondu que non. Tous les stéréotypes que j’ai, ne sont vraiment que des stéréotypes. Je n’ai remarqué aucune différence au cours de mes expériences réelles.

En fin de compte, nous apportons tous notre culture, nos stéréotypes et nos bagages personnels au lit

Les humains sont des humains et j’espère que nous ne sommes plus dans un monde qui encourage les gens à «rester avec leur propre espèce». J’aimerais croire que la raison pour laquelle les mariages mixtes sont encore relativement rares est entièrement basée sur des constructions sociales; pas de sentiment de tribalisme génétique ou de plus grande compatibilité sexuelle avec ceux de la même origine ethnique.

Bordel, la race est une construction en soi. Une construction qui a eu des effets très réels et concrets sur le monde, mais une construction quand même.

Les stéréotypes raciaux ne devraient avoir aucune incidence sur nos expériences ou attentes sexuelles. Le sexe est quelque chose de si intime – il n’y a vraiment aucun moyen de savoir si des personnes d’origines ethniques ou d’horizons différents ont des relations sexuelles différentes de manière concrète.

Tout comme certaines personnes aiment le sexe anal et pour d’autres, c’est une passe difficile, nous l’aimons tous différemment. Ce qui est important, c’est de trouver quelqu’un dont les goûts et les aversions correspondent aux nôtres. Si nous abordons chaque partenaire en tant qu’individu, et non comme un stéréotype racial, alors nous serons probablement déjà pas mal.

1 COMMENTAIRE

ECRIRE UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here