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« Fils d’immigrés, noir et pédé », qui est Kiddy Smile ?

Il a fait couler beaucoup d’encre après le 21 juin dernier, alors qu’il était convié avec ses danseurs à l’Elysée par le couple présidentiel pour célébrer la fête de la musique. Il y avait alors mixé en arborant un tee-shirt portant le slogan « Fils d’immigrés, noir et pédé ». Kiddy Smile, Pierre Hache de son vrai nom, est un artiste, producteur et DJ français dont les parents sont d’origine camerounaise. Comme il le confie au Parisien :

« Je suis de Rambouillet ! Le Cameroun ce sont les racines de mes parents, pas les miennes. Quand on me demande ‘tu es d’où ?’, c’est comme si on me disait : ‘comment se fait-il que tu sois noir et français ?’ »

Kiddy Smile est l’une des figures emblématiques françaises du Voguing, danse urbaine qui trouve son origine dans la communauté LGBTQ+ afro-américaine et latino-américaine. Il est notamment connu pour sa mise en avant de ce mouvement new-yorkais sur la scène parisienne ainsi que pour son militantisme LGBTQ+.

Des tours de Rambouillet au palais de l’Elysée

Originaire de Rambouillet, dans les Yvelines, Kiddy Smile commence en tant que styliste de mode puis travaille dans l’événementiel avant de devenir DJ. C’est après avoir été recalé à un casting pour la tournée de Madonna qu’il décide de se consacrer à ses propres projets artistiques et qu’il devient « musicien, chanteur, bidouilleur électronique, caché derrière ce pseudonyme, souvenir adolescent. »

À l’occasion de la fête de la musique, le 21 juin dernier, le boss du label Ed Banger, Pedro Winter, le convie pour un set mémorable sur le perron de l’Élysée. C’est ainsi qu’il décide d’arborer le fameux tee-shirt, pour éviter que « sa venue soit prise comme une validation de la politique du gouvernement ».

« Je n’ai pas hésité quand on m’a proposé de venir jouer », se souvient-il. « Pour moi c’était important de faire entrer des représentants de la communauté LGBT, de couleur, sur ces marches qui ont été foulées par quelqu’un comme Kadhafi. Et notre présence a plus choqué que celle de certains dictateurs. Je n’ai pas voulu être sur la photo avec le Président. Les danseurs étaient très honorés en tant que fils d’immigrés. Moi je n’étais pas là pour me réjouir ou faire la fête. Sur mon tee-shirt, j’aurais même du ajouter ‘Avec la loi immigration, je n’existerais pas’. Mais ça aurait été moins lisible. »

Kiddy Smile lors de la Fête de la Musique à l’Élysée Palace. Crédit Christophe Petit Tesson / Pool, via Reuters

Le mercredi 05 septembre 2018, Kiddy Smile sort son premier album One tricky pony (chez Neverbeener Records), l’expression « One tricky pony » désignant une personne douée dans un seul et unique domaine. Dans sa musique, on retrouve diverses influences, notamment la musique gospel et hip-hop de Chicago et de Détroit des années 90 mais aussi de la musique des ballrooms, ces bals pour célébrer la culture LGBT dans lesquels étaient pratiqués le voguing ainsi que la musique house new-yorkaise.

Un porte-étendard de la communauté LGBTQ+ noire de France

A travers sa musique, Kiddy Smile souhaite affirmer son militantisme en évoquant racisme et homophobie tout en offrant de la visibilité à sa communauté qu’il considère comme invisible :

« Quand j’étais gamin, il n’y avait aucune représentation de ce que j’étais à la télé. Il a fallu attendre les animateurs Vincent Mc Doom et Magloire. […] Ce clip (‘Let a Bitch Know’), c’était une façon de dire aux jeunes homos : vous existez, vous allez voir des gens être eux-mêmes dans leur environnement. Pour moi, ça a souvent été très compliqué. En banlieue, il fallait être fort surtout quand on était noir. Tout le monde pointait du doigt ma féminité : ma grand-mère, ma tante, les gens du quartier. Les seuls moments où j’étais moi-même c’est quand je dansais. »

Source : Le Parisien

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