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6 raisons pour lesquelles beaucoup de noir·e·s ne consomment pas vraiment « afro »

Je suis consultant en Marketing et en Communication. Au quotidien je coache, forme et accompagne des entrepreneurs dans leur stratégie de Communication Marketing Intégrée (CMI). Ma passion pour tout ce qui a trait à l’Afrique fait en sorte que je travaille beaucoup avec des jeunes entreprises qui souhaitent cibler les afro-descendants ou simplement intégrer les cultures africaines ou afropolitaines à leur ADN. Fervent promoteur du « consommer afro », j’ai fait quelques constats quant aux difficultés à toucher les cibles « afros ». Parmi celles-ci, j’ai sélectionné six raisons pour lesquelles les afro-descendants ne consomment pas vraiment afro.

1. Il peut parfois être difficile de trouver des entreprises « afros » locales

Si l’on part du principe que la plupart des populations d’ascendance africaine se concentre en majorité en région parisienne, les personnes qui vivent en dehors de ces zones peuvent avoir des difficultés à se procurer des produits « afros ». Or, par exemple pour les produits de beauté et les produits capillaires, les grands détaillants sont peu disposés à stocker des marques ou des produits spécifiques aux noir·e·s dans des zones où il y a peu de résidents noirs. Par conséquent, les marques  dites « ethniques » sont pour la plupart vendues par des détaillants indépendants spécialisés, même à Paris. Mais ces entreprises sont souvent trop loin et peu nombreuses.

L’autre raison principale pour laquelle les consommateurs ont du mal à trouver les entreprises noires c’est que beaucoup parmi celles-ci ne sont pas très bien référencées localement pour qu’on puisse les trouver facilement. Il existe un tas de solutions basiques pour débuter une communication locale (Inscription à Google Maps, Flyers, Street Marketing, etc.).

2. Le manque d’informations claires et auxquelles se fier

Qui n’a jamais vécu cette situation : vous vous rendez dans un restaurant africain et alors que vous salivez sur la carte, au moment du service, on vous annonce qu’il ne reste plus qu’un seul plat parmi ceux inscrits. Autre exemple : vous appelez pour prendre un rendez-vous dans un salon de coiffure et à l’heure du rendez-vous, vous découvrez que certains client·e·s ont des passe-droits pour vous passer devant ou du moins, que vous êtes plusieurs à avoir le même rendez-vous.

Tous ces désagréments font considérablement perdre aux entreprises en crédibilité et dénotent un certain manque de professionnalisme. Dans les sociétés occidentales où le temps est une denrée rare et où l’on court sans cesse, il est primordial pour les consommateurs de pouvoir organiser leur journée. Les entreprises doivent clairement spécifier leurs horaires d’ouvertures et les respecter ; faciliter les prises de rendez-vous et honorer ceux-ci, et préciser les moyens d’acquisition de leurs produits. Je pense notamment aux créateurs qui, sur les pages Facebook, invitent les internautes à les contacter en privé pour obtenir des tarifs. C’est là un obstacle à l’achat qui n’est pas des moindres. L’expérience utilisateur doit être facilitée afin que l’internaute ait le moins d’efforts possibles à faire pour accéder au produit, au risque de susciter de la méfiance.

3. Le manque d’attractivité de certains commerces

Trop nombreux sont les entrepreneurs qui considèrent la cible afro comme acquise et font très peu d’efforts en termes de marketing et de merchandising (Techniques de présentation des marchandises visant à inciter le consommateur à acheter) pour séduire celle-ci. Si cette cible peut être acquise pour certains produits de première nécessité – sous réserve que l’on ait l’emplacement idéal – il n’en reste pas moins que pour faire face à la concurrence, il faut se différencier. Qu’est ce qui fera la différence entre votre boutique et une autre ? Les clients se rendent dans votre boutique ou sur votre site principalement pour vos produits et votre stratégie marketing mais, s’il y a bien un facteur à ne pas négliger, c’est l’attractivité de votre vitrine et l’aménagement intérieur de votre point de vente / le design de votre site et l’expérience utilisateur. Un client qui n’a pas nécessairement un besoin sera amené à entrer dans votre boutique ou à rester sur votre site s’il la/le trouve attrayant.e.

4. Les coûts plus élevés que la moyenne

Les entreprises afros qui vendent des biens sont parfois plus chères que les autres entreprises. Mais c’est quelque chose de compréhensible. Si les entreprises ciblées afros ne font pas assez de volume, elles n’ont d’autre choix que de facturer plus pour continuer à fonctionner.

5. La mauvaise qualité du service client

Visages renfermés, mauvaise humeur des vendeurs, prix fluctuant en fonction de la tête du client, coiffeuses qui parlent à tue-tête au téléphone ou qui mangent pendant leur service, les commerces afros n’ont pas vraiment bonne réputation en ce qui concerne la qualité du service client.

Pourtant, le service client est le cœur de toute organisation saine. C’est l’endroit le plus visible au niveau opérationnel et, souvent celui dont les clients se rappellent lorsqu’ils souhaitent devenir des clients fidèles et avant d’abandonner un commerce pour un concurrent. Pour résumer, l’expérience des clients dépend de la qualité de l’assistance qu’ils reçoivent.

6. Le syndrome du colonisé

Le syndrome du colonisé est l’attitude intériorisée d’infériorité ethnique ou culturelle ressentie par un peuple à la suite de la colonisation, c’est-à-dire sa colonisation par un autre groupe.

Plus concrètement, il consiste à penser que « l’herbe est toujours plus verte ailleurs ». En interrogeant un petit panel de consommateurs vis-à-vis des commerces afros, nous nous sommes aperçus que les critiques qu’ils émettaient par rapport à ces commerces pouvaient s’appliquer à tout autre commerce. Cependant, ils avaient tendance à être plus sévères avec les commerces afros. Parmi les principales croyances, il y avait celle selon laquelle les autres commerces (en particulier euro-européens) offraient des produits de bien meilleure qualité que les commerces afropéens.

Cet article vous a plu ? Vous êtes entrepreneur ? N’hésitez pas à rejoindre le groupe Facebook AFROPOLIS pour discuter de la communication et du Marketing à la sauce Afro’.

 

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Wilfried E.K

Fondateur de WYAT Magazine et rédac' chef improvisé! Et sinon, je suis consultant en Marketing affinitaire et en communication digitale. Je suis spécialisé dans les cultures afros.

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